Impression 3D : Retour d’expérience de l’utilisation d’une imprimante 3D de chez Dagoma

J’ai été invité par Dagoma à visiter leurs locaux situés à Roubaix.
La visite fut très intéressante et je remercie beaucoup Dagoma et tout particulièrement Florent (mon contact chez Dagoma qui m’a proposé la visite) pour leur accueil. A l’issue de la visite, ils m’ont proposé de repartir avec une imprimante, en prêt, que j’ai maintenant depuis plusieurs semaines en test, afin que je vous en fasse un article.

Juste un mot sur l’entreprise avant de passer à l’imprimante :

J’ai été surpris, en bien, de l’esprit qui règne chez eux. On sent l’esprit statup, et les salariés y sont détendus.
Lors de la visite, j’ai eu plus l’impression d’avoir affaire à une bande de “potes” que de collègues.
Je peux me tromper et peut-être que ce n’est pas ce que ressentent les employés, mais c’est ce qu’ils m’ont dégagés comme ressenti. C’est pour moi un bon point et on a envie d’y retourner (non ce n’est pas un message destiné à Florent, ahah !), d’autant plus quand c’est un domaine qui nous intéresse !

Le modèle testé

Dagoma propose plusieurs modèles d’imprimante, 3 au total.

  • La Discoeasy200, qui corresponds à l’entrée de gamme;
  • La Neva, qui est plutôt le haut de gamme et;
  • La Magis, qui est une version de la Neva améliorée, grosso modo.

La Magis ressemble très fort esthétiquement à la Neva, il y a des petites différences esthétiques bien sur, et la Magis peut aussi être reconnu à son numéro de série, qui est égal ou supérieur à 6000, alors que celui de la Neva est en dessous de ce nombre.

A noter que la Discoeasy est fournit en kit à monter soit même. Elle se destine plus au bricoleurs curieux, alors que la Magis est plutôt destinée aux geeks chevronnés. Faisant parti de la deuxième catégorie, j’ai donc pu obtenir en prêt la Magis.

La Magis de Dagoma, photo par Dagoma

Utilisation

Le fonctionnement est assez simple et la première mise en route se fait facilement.

Tout d’abord, vous devez trouver, ou créer vous même, un modèle 3D à imprimer.
Si vous n’avez pas de compétences particulières en modélisation 3D, Dagoma fournis une liste de sites (non exhaustive) sur son site de quelques sites qui en proposent.
Je me suis personnellement exclusivement servi du site Thingiverse pour toutes mes impressions.

Une fois que vous avez votre modèle, il va falloir convertir le fichier obtenu en Gcode. Le Gcode est en fait un format utilisé par beaucoup de constructeurs d’imprimantes 3D et c’est celui que l’imprimante va comprendre et pouvoir interpréter afin d’imprimer votre objet.
Pour cette manipulation, Dagoma fournit sur son site un logiciel nommé CuraByDagoma et qui est mis au point en interne mais basé sur le logiciel Open Source Cura. Celui-ci vous permettra la conversion du fichier du modèle 3D en Gcode, et d’autres réglages, avant de lancer l’impression.

D’ailleurs, ce logiciel pourrait être comparé à ce que l’on a sur des PC, ou Mac, et qui nous permet de choisir la qualité, la couleur ou non, le format portrait ou paysage etc…
Si l’on ne pourra bien entendu pas choisir la couleur, puisque celle-ci dépendra directement de celle du filament de PLA (consommable) que vous fournirez à l’imprimante, on pourra en revanche choisir la qualité de l’impression.
Celle-ci correspond en fait au degré de remplissage en plastique et à la finesse d’impression de votre objet ou pièce imprimée.

En effet, on retrouve dans Cura, plusieurs réglages :

  • Creux : La pièce n’est pas rempli et sera donc assez peu solide
  • Normal : Remplissage à 17%, c’est l’équivalent du mode brouillon d’une imprimante papier 2D, grosso-modo…
  • Haute qualité : Remplissage à 33%, c’est la plus grosse qualité d’impression, mais qui nécessite aussi le plus de plastique.

Dagoma considère qu’à partir d’un remplissage de 33%, le bénéfice par un remplissage supplémentaire ne vaut pas le coût que représente l’utilisation de PLA supplémentaire. C’est pour cela que l’on ne peut pas monter au delà.
Sachez aussi que plus vous choisirez un taux de remplissage important, et plus le temps nécessaire à l’impression sera élevé (le logiciel vous donne d’ailleurs une estimation de ce temps, et de la quantité de plastique requise).

Reste à choisir la finesse d’impression.

Ici, on choisis entre une impression par couche de 0,20mm, 0,15mm, ou 0,10mm.
Contrairement au taux de remplissage, la quantité de plastique requise restera la même, mais une finesse plus élevée, si elle apportera évidemment une qualité et une finesse d’impression supérieure, augmentera aussi sensiblement le temps d’impression requis.

Il faut bien comprendre que l’impression 3D fonctionne par couche. Chaque couche est imprimée l’une à la suite de l’autre et c’est un processus très long, comparé à une impression 2D sur papier.
En effet, là ou il ne faut que quelques secondes pour imprimer une page de texte, il faudra compter en moyenne de 2 à 7 heures ou plus pour un objet en 3D. Oui, j’ai bien écris heures !
C’est donc très long et il va falloir être patient, et ne pas lancer ça n’importe quand, puisqu’il vous faudra prévoir suffisamment de temps.

Il suffit ensuite de cliquer sur le bouton “préparer l’impression” et le Gcode est créé et est placé sur la carte mémoire.
Car oui, vous avez besoin d’une carte SD, qui est fournit par Dagoma dans le carton avec l’imprimante, afin de pouvoir placer votre Gcode qui servira pendant toute la durée de l’impression.

Une fois la carte mémoire installée dans l’imprimante, il suffit de la brancher, puis d’appuyer sur le bouton de mise en route.
L’imprimante va commencer par se calibrer et par se pré-chauffer.
A ce propos, il faudra vérifier avant l’impression que la surface de l’imprimante soit bien propre.
En effet, s’il reste des petites poussières ou résidus de plastique d’impressions précédentes, l’imprimante se calibrera trop haut et imprimera donc à une hauteur trop élevée, le plastique n’accrochera donc pas la surface et l’impression sera de mauvaise qualité ou alors complètement ratée.

Ensuite, après la pré-chauffe, l’impression commencera.

A noter que vous n’êtes pas obligé d’imprimer pièce par pièce : vous pouvez placer plusieurs objets sur le plateau virtuel du logiciel CuraByDagoma représentant le plateau physique de l’imprimante afin d’imprimer plusieurs objets en même temps.

Au niveau du plastique, il en existe plusieurs types.
J’ai eu en prêt deux bobines de plastique rigide classique, mais aussi une bobine de plastique souple, qui permet par exemple l’impression de coques de smartphones.

Retour d’expérience

Au niveau de mon avis. Je trouve l’imprimante très simple à utiliser, mais pas sans défauts ni contraintes.

Première chose qu’il serait, je pense, utile d’améliorer, c’est la vitesse d’impression.
Je trouve le temps d’impression extrêmement long.

Ensuite, j’ai eu pas mal de soucis avec le plastique qui se coince dans le mécanisme, ou qui n’accroche pas la surface adhésive de l’imprimante.
Il m’est aussi arrivé que la pièce se décolle, reste accrochée à la tête d’impression et se déplace avec elle. Ce qui a eu pour effet de faire rater l’impression.

Mis à part ça, c’est un domaine intéressant, et j’ai quand même réussis à imprimer pas mal de pièces, notamment des coques, et des boitiers de Raspberry Pi.

Le résultat est plutôt convainquant, même si selon moi, c’est un domaine qui peut encore bien évoluer et qui est en pleine progression.

Au final l’expérience a été très intéressante, et c’est le genre de chose dont je rafole, et que j’aimerai bien posséder.
Comptez quand même 500€ pour vous offrir une Magis.

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations concernant les différents modèles d’imprimantes de chez Dagoma, ou avoir des renseignements sur des points que je n’ai pas abordés ici, n’hésitez pas à visiter leur site, voir à les appeler. Ils vous renseigneront sans soucis et avec plaisir ! Vous trouverez leurs coordonnées sur leur site.

Galerie photos

Je termine cet article par une petite compilation de photos sous forme de galerie, que j’ai prises au cours de mes différentes impressions.

2 Comments
  1. fullcrum says

    Bonsoir,

    Cet article est super, bien rédigé et illustré.

    C’est d’autant plus intéressant que les sujets sur ces machines ne sont pas forcement légion.

    Bravo.

    PS: la chance d’avoir du matos en prêt pour tester …

  2. JP says

    Merci de nous faire part de ton expérience concernant les impressions en 3D.
    La prise en main ne doit pas être facile, tu as certainement passé du temps pour “t’approprier” l’outil.
    Belle synthèse,
    Bravo

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